Dans une entreprise, les congés sont un droit fondamental, reconnu par le Code du travail. Si cet état de choses semble acquis, la réalité est plus nuancée. De fait, entre les besoins de service, la gestion du personnel et les règles internes, l’employeur conserve une certaine latitude en ce qui concerne les possibilités de refus. Toutefois, cette liberté n’est pas absolue. Elle est encadrée par la loi, les conventions collectives et parfois même par le contrat de travail.
Sommaire
Quel est le cadre légal ?
Tout salarié a droit à cinq semaines de congés payés par an. Cette disposition est inscrite dans le Code du travail et il est impératif pour tous les contrats, quel que soit l’effectif de l’entreprise ou la durée de présence au poste.
La période de prise des congés est fixée par l’employeur, en fonction des besoins du service et après consultation du personnel ou de ses représentants. Ce sont les dispositions internes à chaque entreprise qui concernent l’ordre des départs, souvent selon l’ancienneté, la situation familiale ou encore la présence d’un enfant. Ainsi, le salarié ne peut pas prendre des vacances sans validation préalable. L’employeur peut donc refuser une demande de congé, notamment si elle compromet le bon fonctionnement du service.

Dans quel cas l’employeur peut-il refuser les congés ?
Le refus de congés n’est pas arbitraire. Il doit répondre à des motifs légitimes, liés à l’organisation du travail ou à des circonstances exceptionnelles. Voici quelques exemples :
- un effectif réduit en période d’activité intense;
- un congé demandé en dehors de la période fixée par l’entreprise;
- plusieurs départs simultanés dans le même service;
- une absence imprévue dans l’équipe (arrêt maladie, licenciement, etc.).
L’employeur peut également imposer un report de congé dans le cas où la présence du salarié est indispensable. Il doit cependant respecter un délai raisonnable et informer le travailleur au moins un mois à l’avance.
Combien de fois un employeur peut-il refuser les congés d’un salarié ?
À ce jour, la loi ne s’est pas clairement prononcée à ce sujet. Toutefois, l’employeur doit toujours agir de façon raisonnable et justifiée. Si un salarié fait plusieurs demandes successives et qu’il les rejette toutes, sans motif valable, cela peut être considéré comme un abus de droit.
Le refus répété de congés peut alors être contesté devant les prud’hommes, surtout si l’employé n’a pas pu les prendre au cours de l’année légale. En effet, dans ce dernier cas, il peut y avoir une indemnité compensatrice en l’absence d’un report ou d’une reprogrammation, sauf si cela se justifie par une absence prolongée (maladie, maternité…).
Que faire en cas de refus abusif ?

Si vous êtes salarié et que votre employeur refuse vos congés de manière répétée, vous avez plusieurs options. Dialoguez par exemple avec votre responsable ou le service RH pour proposer d’autres dates ou vérifiez les dispositions de votre convention collective, parce qu’elles peuvent être plus souples.
Consultez aussi un représentant du personnel ou un syndicat pour vous faire accompagner et saisissez le conseil de prud’hommes en dernier recours. Le plus important est de garder une trace écrite des demandes de congés et des refus pour prouver la bonne foi du salarié et l’éventuel abus de l’employeur.
Quelles sont les exceptions ?
Certaines absences vous donnent la possibilité de reporter vos congés, sans que votre employeur puisse s’y opposer. C’est le cas d’un arrêt maladie, congé maternité ou événement familial grave. Dans ces situations, les congés non pris peuvent être reprogrammés après l’absence, même si cela dépasse la période légale annuelle. L’employeur ne peut pas refuser ce report, car il s’agit d’une protection du droit des salariés.
Articles similaires
- Nouvelle loi sur les congés payés en cas d’arrêt maladie : ce que vous devez savoir
- Délai de prévenance en période d’essai : que se passe-t-il en cas d’arrêt maladie ?
- Comment calculer l’indemnité compensatrice de congés payés en fin de contrat ?
- Règle du maintien de salaire en cas de maladie : que prévoit la loi ?
- Comment sont payées les heures supplémentaires majorées en intérim ?

Journaliste économique, Sarah explore les marchés et l’actualité des entreprises.
